En 2000, contre l'avis de certains membres du gouvernement, vous vous êtes battue pour repousser de dix à douze semaines le délai légal pour l'interruption volontaire de grossesse. Pourquoi ?
En écoutant des femmes qui s'étaient retrouvées coincées par ce délai, des associations de planning familial et des médecins, je me suis aperçue que dix semaines, c'était trop vite passé. Parce que la décision d'interrompre une grossesse n'est jamais facile à prendre. Parce que certaines femmes ne réalisent pas tout de suite qu'elles sont enceintes. Parce que les différentes étapes prévues par la loi (rendez-vous chez le médecin, délai de réflexion, entretien social, autorisation parentale pour les mineures) nécessitent du temps. Beaucoup, une fois dépassée la date butoir, n'avaient plus le choix qu'entre accepter une grossesse non désirée ou aller chercher une IVG dans un pays voisin avec tous les frais que cela représente. Cela me paraissait injuste.
Le délai en vigueur dans la quasi-totalité des pays d'Europe est de douze semaines, à l'exception de l'Angleterre (jusqu'à vingt-quatre semaines) et de la Suède (dix-huit semaines). Seule la Slovénie en est, à ma connaissance, restée à dix semaines. Quant aux Pays-Bas, ils ne fixent pas de délai mais un critère dit de « viabilité du f½tus ».
Le débat, à l'époque, n'a pas tellement opposé les partisans des dix semaines à ceux des douze semaines mais, encore une fois, les adversaires de tout temps de l'IVG aux défenseurs du droit des femmes à disposer de leur corps et à décider de leur maternité. Le gouvernement a tranché dans le bon sens.
Avez-vous des témoignages sur le sujet ? Avez-vous déjà été concerné ? Comment réagiriez-vous si vous deviez être parent à votre âge ?