Extrait de « Maintenant » (éd. Hachette Littératures), série d'entretiens avec Marie-Françoise Colombani
« Citoyen expert » est un de vos concepts. Que recouvre-t-il exactement ?
Une réalité à laquelle je crois profondément : les gens sont de bons connaisseurs de ce qu'ils vivent, ils ont une vraie capacité d'expertise de leurs difficultés et des résultats des politiques publiques. Un salarié qui a des enfants connaît le monde du travail, se pose des questions pertinentes sur l'éducation, sur notre système de santé, sur l'environnement, sur les insécurités d'aujourd'hui. Il fait souvent l'expérience de la difficulté de se loger aux prix actuels, il a un avis sur ce qui marche et ce qui ne marche pas dans sa commune, etc. On perd beaucoup à négliger son point de vue et sa parole. Les expertises, scientifiques ou techniques, l'arbitrage politique au nom de l'intérêt général, tout cela est tout à fait nécessaire, mais l'expertise citoyenne est précieuse si l'on veut prendre les bonnes décisions et vérifier que l'action publique atteint bien ses objectifs. Quand les conditions du débat et de la délibération sont de qualité, je suis toujours frappée par la richesse de cette intelligence collective. Je me souviens d'une troupe de théâtre américaine qui disait : « Quand on parle aux gens comme à des imbéciles, on tue des cellules dans leur cerveau. » Eh bien, moi, je pense que quand on s'adresse à l'intelligence des citoyens, on n'est jamais déçu.
Je vous donne la parole, et je vous invite à la garder !
« Citoyen expert » est un de vos concepts. Que recouvre-t-il exactement ?
Une réalité à laquelle je crois profondément : les gens sont de bons connaisseurs de ce qu'ils vivent, ils ont une vraie capacité d'expertise de leurs difficultés et des résultats des politiques publiques. Un salarié qui a des enfants connaît le monde du travail, se pose des questions pertinentes sur l'éducation, sur notre système de santé, sur l'environnement, sur les insécurités d'aujourd'hui. Il fait souvent l'expérience de la difficulté de se loger aux prix actuels, il a un avis sur ce qui marche et ce qui ne marche pas dans sa commune, etc. On perd beaucoup à négliger son point de vue et sa parole. Les expertises, scientifiques ou techniques, l'arbitrage politique au nom de l'intérêt général, tout cela est tout à fait nécessaire, mais l'expertise citoyenne est précieuse si l'on veut prendre les bonnes décisions et vérifier que l'action publique atteint bien ses objectifs. Quand les conditions du débat et de la délibération sont de qualité, je suis toujours frappée par la richesse de cette intelligence collective. Je me souviens d'une troupe de théâtre américaine qui disait : « Quand on parle aux gens comme à des imbéciles, on tue des cellules dans leur cerveau. » Eh bien, moi, je pense que quand on s'adresse à l'intelligence des citoyens, on n'est jamais déçu.
Je vous donne la parole, et je vous invite à la garder !