« Retour au blog de sroyal

Le budget participatif, qu'en pensez-vous ?

Le budget participatif, qu'en pensez-vous ?
Comment fonctionne le budget participatif mis en place dans les lycées en Poitou-Charentes ?

Très bien ! Et j'en suis fière. J'avais, durant la campagne des régionales, pris l'engagement de le mettre en place et nous nous y sommes attelés dès le lendemain de l'élection. Ce budget participatif concerne tous les lycées publics du Poitou-Charentes dans toutes les filières : générale, technologique, professionnelle, agricole. Et également l'enseignement adapté : je tiens à traiter ses élèves comme tous les autres lycéens. L'enseignement privé sous contrat m'a fait récemment savoir qu'il aimerait bien, lui aussi, y prendre part et les services de la Région en étudient actuellement les modalités.

De quoi s'agit-il ? D'une démarche que nous avons inventée en nous inspirant notamment des expériences de budgets participatifs municipaux en Europe et en Amérique du Sud. C'est une première en France. L'objectif est de donner à toutes les composantes de la communauté éducative la possibilité de discuter et surtout de décider ensemble comment utiliser plus efficacement une partie des fonds publics régionaux alloués aux établissements. La Région consacre aux lycées environ un quart de son budget : c'est un engagement fort et, historiquement, son c½ur de métier. Le budget participatif porte sur une partie des dépenses, à l'exclusion des travaux de sécurité, qui sont obligatoires, et des investissements les plus lourds, qui supposent d'arbitrer entre les besoins des uns et des autres, ce qui est la responsabilité de la Région. Chaque année, l'utilisation de 10 millions d'euros est décidée par ces assemblées du budget participatif qui votent elles-mêmes leurs priorités. Cette manière de faire permet d'orienter la dépense publique au plus près des besoins sur le terrain. C'est une véritable école de citoyenneté. Au bout du compte, c'est un formidable levier d'amélioration de l'action publique. Je profite de votre question pour apporter une précision. J'ai souvent pris pour exemple de bonne gestion la façon dont certaines régions menaient leurs affaires. Cela dit, je ne veux pas tomber dans l'excès inverse et donner le sentiment que l'action de l'État doive être le simple décalque de l'action menée à l'échelle régionale. Il y a une spécificité de l'action et des arbitrages propres à l'État. Ses exigences et ses impératifs ne sont pas la version simplement « grossie » de la démocratie locale. Ce qu'il faut, c'est une bonne complémentarité entre tous les échelons de la puissance publique pour plus d'efficacité et moins de gaspillages.

# Posté le mardi 15 mai 2007 14:32

Modifié le lundi 28 mai 2007 11:56

« Article précédent : On continue !

Article suivant : La prison pour les mineurs, la pire des solutions »